Les conductrices et les conducteurs alcoolisés constituent un danger important pour la sécu-rité du trafic; cette constatation est prouvée par le fait qu'il existe un problème d'alcool dans une grande partie des accidents de la circulation graves ou mortels.
Mais qui est particulièrement exposé au risque de conduire en état d'ébriété? Il existe une différence fondamentale entre
- l'alcoolique qui conduit ( la personne est dépendante de l'alcool et conduit malgré tout )
et
- l'automobiliste qui boit ( la personne abuse de l'alcool et conduit malgré tout ).
L'abus d'alcool est un échelon préliminaire de la dépendance. Le passage d'un niveau à l'autre est flou. Il y a alcoolisme si au moins trois des critères ci-après s'appliquent même temps :
- fort désir d'alcool («l'alcool domine les pensées»)
- la quantité d'alcool consommée n'est plus contrôlable («on ne peut plus s'arrêter de boire»)
- apparition de symptômes de sevrage («trembler le matin»)
- développement d'une habitude («en vouloir toujours plus»)
- organisation de la vie en fonction de la consommation d'alcool («rupture des contacts sociaux»)
- poursuite de la consommation malgré des répercussions psychiques, physiques et sociales
Il est absolument clair que les alcooliques représentent un risque élevé pour la sécurité rou-tière. Toutefois, ils ne sont jamais aussi nombreux que le deuxième groupe que nous vou-lons examiner: les automobilistes qui boivent.
Le plus souvent, l'usager de la route sera d'avis qu'il a consommé une quantité tout à fait «normale». Malheureusement, les consommatrices et consommateurs d'alcool dits normaux sont eux aussi exposés au risque de prendre parfois le volant en état d'ébriété. En effet, la consommation «normale» d'alcool atteint des proportions problématiques ou abusives plus vite qu'on ne le croit. Les indications ci-après sont destinées à vous aider à examiner d'un oeil critique votre comportement en matière consommation d'alcool, respectivement vos ha-bitudes de consommation, et à les changer si nécessaire.
Il est par ailleurs notoire que les personnes présentant des prédispositions à la dépendance ont une forte tendance à enjoliver ou à minimiser leur comportement, voire à ne pas le per-cevoir du tout (la psychologie parle alors de «refoulement»).
Testez votre exposition à la dépendance
Posez-vous les questions suivantes pour faire le point de votre exposition à la dépendance ( catalogue de questions de Feuerlein, 1976 ). Ce test ne sera utile que si vous vous efforcez d'être vraiment honnête. Si vous avez de la peine à répondre aux questions, posez-les simplement à des personnes de votre entourage, par exemple à votre conjoint ou un ami.
Analyse du résultat : chaque question répondue par un «oui» donne un point, à l'exception des questions 3, 7, 8 et 14 qui valent 4 points chacune. Si vous avez au total six points ou plus, il y a exposition à la dépendance à l'alcool.
Quel type de buveur suis-je?
Dans la littérature médicale datant d'un certain temps (Jellinek, 1951), on différencie cinq types de buveurs; il existe pour tous ces types un risque élevé qu'ils conduisent une voiture sous l'influence de l'alcool. Ces types se différencient d'une part par l'étendue et par le genre de la dépendance (mentale, voire physique) et, d'autre part, par les motifs de la consommation et par les circonstances dans lesquelles l'alcool est consommé.
Si vous avez répondu ouvertement aux questions ci-dessus, il vous sera aisé de définir à quelle catégorie de buveur vous appartenez. Vous constaterez en outre qu'une consomma-tion jugée normale par beaucoup de gens est déjà problématique ou abusive du point de vue médical et psychologique et, par conséquent, qu'il sied de corriger ce comportement.
Personnes buvant en cas de conflits et lorsqu'elles ont des soucis: cette catégorie regroupe les personnes qui augmentent leur consommation d'alcool notamment dans les situations difficiles de la vie (alcooliques alfa). Il est tout à fait possible qu'une telle personne développe une dépendance de durée limitée. Il est important de noter que ce type ne dispose manifestement d'aucune autre stratégie que la recherche de la détente et de l'apaisement que lui procure l'alcool lorsqu'il est confronté à une situation de vie difficile. Les types alfa boivent aussi bien seuls qu'en société.
Personnes buvant occasionnellement (alcooliques bêta): lorsque ces personnes appelées buveurs ou buveuses occasionnels boivent de d'alcool, elles en consomment exagérément, c'est-à-dire jusqu'à l'ivresse. Cette catégorie est répandue chez les jeunes; ils boivent alors souvent de grandes quantités d'alcool en groupe pendant les fins de semaine. Le risque de conduire en état d'ébriété est particulièrement élevé puisque l'alcool est généralement con-sommé hors du domicile.
Buveur d'habitude: les buveurs d'habitude (alcooliques delta) sont des personnes qui con-somment très régulièrement de l'alcool et qui ont, par conséquent, en permanence de l'alcool dans le sang. Lorsque ces personnes ont la possibilité de consommer de l'alcool, leur comportement ne présente généralement pas d'anomalies. La dépendance de ces per-sonnes est surtout physique.
Dipsomane: ce type, également appelé alcoolique epsilon, se caractérise par de longues phases d'abstinence totale interrompues par des absorptions d'alcool absolument in-contrôlées. Pendant les phases de consommation, la perte de contrôle est totale.
Buveur dépendants psychiquement et physiquement: ces personnes sont les alcooliques décrits dans l'introduction; elles consomment quotidiennement de grandes quantités d'alcool et doivent augmenter continûment cette quantité. La conséquence de ce comportement est un dommage physique et psychique grave.
Quelques idées sur la manière d'éviter de conduire en état d'ébriété à l'avenir:
- Laissez votre voiture à la maison ou organisez un service de transport (selon la maxime: le conducteur ou la conductrice s'abstient de boire) lorsque vous avez l'inten-tion de consommer de l'alcool pendant une sortie.
- Maîtrisez la quantité que vous consommez lorsque vous êtes en sortie, en buvant au maximum un verre par heure, en ne laissant pas remplir votre verre et en ne consommant pas exclusivement des boissons alcoolisées (c'est-à-dire en consommant aussi des boissons sans alcool).
- Ne buvez jamais d'alcool avec l'estomac vide car le risque de perdre le contrôle de soi est alors encore beaucoup plus élevé!
Et si vous étiez un jour en sortie avec votre voiture et que vous aviez trop bu, remettez la clé de votre voiture à une personne de confiance et / ou prenez un taxi ce sera dans tous les cas meilleur marché que de causer un accident en état d'ébriété.